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Le don de la vie du Christ

Textes pour la Semaine sainte et Pâques

Ce document regroupe des commentaires des évangiles de la Semaine sainte et de Pâques pour l’année 2026. J’ai relu ces récits et choisi des commentaires explicatifs afin de dégager comment le Christ a nourri la foi de ses disciples et la nôtre pendant les jours entourant sa mort et sa résurrection. L’espérance qu’il a semée rejaillit sur nous encore aujourd’hui.

  1. L’accueil des foules à Jérusalem (Mt 21, 1-11). Dimanche des rameaux

En vue d’accomplir le mystère pascal, le Christ a fait son entrée messianique à Jérusalem. Ainsi, Il réalise une prophétie : « Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne le petit d’une bête de somme ». Jésus dévoile sa mission d’envoyé de Dieu dans l’humilité. La foule l’acclame : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Nous reprenons ces paroles lors de la messe à l’acclamation du Sanctus. En ce dimanche des rameaux commence la Semaine sainte. Nous signifions par nos rameaux notre acclamation de Jésus.

« Nous suivons Celui qui est à l’origine de notre foi, qui marche vers la mort avec lucidité et courage et qui témoigne, même à cet instant, de sa confiance en son Père. Cette semaine est plus que le souvenir d’un temps passé ; elle est une action de Dieu qui, par amour pour nous, triomphe de la mort pour que nous ayons la vie en plénitude. » (Prions en Église, Édition mensuelle, mars 2026, volume 38, numéro 3, p. p162)

Prière

« Augmente la foi de ceux qui espèrent en toi, Seigneur Dieu, exauce en ta bonté les prières de ceux et celles qui te supplient : En tenant à la main ces rameaux pour acclamer le Christ en son triomphe ; puissions-nous, par nos œuvres porter en lui du fruit à ta gloire. Amen » (Idem p. 159) 

 

  1. L’onction à Béthanie (Jn 12, 1-11). Lundi saint

 

Jésus est avec ses amis de la même famille : Lazare, Marthe et Marie pour un repas en son honneur. Marie répand un parfum sur les pieds de Jésus qu’elle essuya avec ses cheveux. Judas prétendait qu’il aurait mieux valu vendre ce parfum et donner l’argent aux pauvres. Jésus demande à Judas de laisser Marie observer cet usage. Il y voit un geste qui préfigure le parfum qui servira à son ensevelissement. Il réalise sans doute que sa fin approche. Admirons ce geste d’amour de la part de Marie, sans doute reconnaissante du réveil de Lazare d’entre les morts.

« C’était la deuxième fois que Jésus louangeait Marie. La première fois, Il l’avait félicité de choisir la meilleure part (celle de l’attention à sa personne) qui ne lui serait pas enlevée (Lc 10, 42). Marie agit de la même manière cette fois-ci ; elle manifeste son grand attachement à la personne de Jésus. Bien sûr, il n’y a pas à choisir entre l’amour et le service des pauvres, entre l’amour et le service de la personne de Jésus. Les deux ne font qu’un. » (Lumière devant nos pas, Jean-Yves Garneau, Médiaspaul, 2017, p.97)

 

Prière

 

« Aide-moi, Seigneur, à mieux t’aimer pour mieux aimer mon prochain. » (Idem)

 

  1. Jésus annonce sa mort prochaine (Jn 13, 21-33. 36-38). Mardi saint

Jésus prédit la trahison de Judas et le reniement de Pierre.  Jésus sait qu’il sera glorifié par son passage de la mort à la vie. Il est confiant en son Père : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt ». Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour être fidèles à la Parole et à la présence de Jésus ?

« Jésus était certes triste de la trahison de Judas et des reniements de Pierre. Mais il était assuré que, pour lui, ce temps de grande épreuve serait aussi un temps de bienfait, un temps de « glorification ». (Lumière devant nos pas, Jean-Yves Garneau, Médiaspaul, 2017, p.98)

 

Prière

 

« Toi que Judas a trahi, toi que Pierre a renié, nous t’adorons et nous te bénissons. » (Idem)

 

 

 

  1. La trahison de Judas (Mt 26, 14-25). Mercredi saint

Le mot cène est issu du latin cēna (ou coena), désignant le « repas du soir », le « souper» ou le « dîner ». Emprunté par le latin chrétien, le terme s’est spécialisé à la fin du 10e siècle pour désigner le dernier repas de Jésus avec ses apôtres la veille de sa passion. (Littré, Dictionnaire de la langue française)

Le texte de l’évangile présente les préparatifs et le commencement de la dernière cène de Jésus avec ses disciples.  Il met surtout en évidence la trahison de Judas qui accepte 30 pièces d’argent de la part des grands prêtres pour leur livrer Jésus. Celui-ci annonce à ses disciples en présence de Judas celui qui le livrera.

« Même s’il avait déjà établi une entente avec les grands prêtres et s’était engagé à leur livrer Jésus pour trente pièces d’argent (…), Judas aurait pu changer d’idée. Il s’enfonça dans sa décision. Pauvre homme qui n’a pas pensé qu’il pouvait changer d’idée. Pauvre homme qui n’a pas pensé que Jésus l’aurait pardonné. » (Lumière devant nos pas, Jean-Yves Garneau, Médiaspaul, 2017, p.99)

 

Prière

 

« Quand je m’apprête à faire le mal, viens à mon aide, Seigneur » (Idem).

 

  1. Le lavement des pieds (Jn 13, 1-15) à la dernière Cène. Jeudi saint

Jésus prend la position d’humilité de s’incliner lors de ce repas pour laver les pieds des disciples. On comprend l’étonnement de Simon-Pierre à l’égard de son Seigneur et Maître. Par ce geste, Jésus transmet un enseignement sur le service des autres qui doit primer entre ses disciples. En Église, en communauté de foi, dans nos engagements au sein de la collectivité avons-nous ce souci du service des autres ?

« L’amour appelle au don et au service. Le soir de la Cène, avant même de rendre grâce à son Père pour le pain et le vin qui allaient devenir son corps et son sang, Jésus noue un linge à sa ceinture et lave les pieds de ses disciples. Il les a invités à faire de même, c’est-à-dire non seulement à célébrer autour de la table mais aussi à sortir vers les périphéries pour servir ceux et celles qui ont besoin d’amour, de réconfort et de toute autre forme de soutien. » (Prions en Église, Triduum pascal 2026, p.12)

 

Prière

 

« Que ma vie, Seigneur comme la tienne, soit mise au service de ceux que j’aime » (Lumière devant nos pas, Jean-Yves Garneau, Médiaspaul, 2017, p.99).

 

  1. La passion de Jésus (Jn 18,1-19.42). Vendredi saint

Jésus vit un simulacre de procès et reçoit une peine de mise à mort après de longues souffrances causées par de mauvais traitements et ultimement la crucifixion.

« Nous entendons alors (dans cet évangile) les dernières paroles que Jésus a prononcées avant de mourir. En voici quelques-unes.

  • « Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m’a donnée à boire ? » (18,11)

Il aurait pu la refuser. Il en avait la liberté. Il ne l’a pas fait. L’engagement qu’il avait librement pris d’accomplir jusqu’au bout la volonté de son Père l’en empêchait. Son amour pour son Père et pour nous l’en empêchait.

  • « Es-tu le roi des Juifs ? » – « Ma royauté ne vient pas de ce monde » (18-33-36)

Roi, il l’était, mais à la manière de Dieu. ll l’était par sa manière d’aimer et de pardonner, par sa manière de faire vivre et revivre ceux et celles qui savaient l’accueillir. Sa royauté ne venait pas d’en bas, elle venait d’en haut. Elle venait du Père.

  • « Il dit à Marie : « Femme, voici ton fils. » Il dit à Jean : « Voici ta mère » (19, 26-27)

Jean et Marie, Marie et tous les chrétiens sont maintenant unis dans une union plus profonde et plus forte que celle de la chair et du sang.

  • « Tout est accompli » (19, 30)

…Toute l’œuvre, toute la mission que le Père lui a confiée est accomplie. Toute la volonté du Père est accomplie. Tout l’amour à révéler a été révélé. Rien n’a été oublié. Rien n’a été négligé. Jésus a été fidèle jusqu’au bout. Il a aimé jusqu’au bout. »

 

Prière

 

Aide-moi, Seigneur, à accomplir chaque jour ta volonté qui est aussi celle de ton Père

(Lumière devant nos pas, Jean-Yves Garneau, Médiaspaul, 2017, p.101).

 

  1. Le tombeau est vide (Mt 28, 1-10). Veillée pascale

Marie-Madeleine et l’autre Marie (mère de Jacques et Joseph) constatent que le tombeau où le corps de Jésus avait été déposé est vide. Un ange leur annonce que Jésus est ressuscité. Cet ange et Jésus, ensuite, leur demandent d’annoncer la nouvelle aux disciples. Ils doivent se rendre en Galilée pour le voir. La promesse de Jésus de sa résurrection s’est ainsi réalisée. Il est intéressant de constater que ce sont deux femmes qui reçoivent la mission d’annoncer aux disciples la résurrection. Jésus a été soutenu par des femmes tout au long de son ministère.

Le rôle de partenaire des femmes en Église a fait l’objet d’une plus grande attention au cours des dernières années, notamment lors du Synode sur la synodalité. Souhaitons que les femmes puissent obtenir des positions égales aux hommes dans les diverses instances d’autorité et de prise de décisions en Église.

« Les deux Marie aimaient profondément Jésus. C’est pourquoi elles ont spontanément et joyeusement cru à l’annonce de sa résurrection. L’amour leur permet de voir ce qu’autrement on ne voit pas, et il permet de croire ce qu’autrement on ne croit pas. » (Lumière devant nos pas, Jean-Yves Garneau, Médiaspaul, 2017, p.101).

 

Prière

« Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit. (Prière de la Veillée pascale lorsque le prêtre allume le cierge pascal au feu nouveau, Prions en Église, Triduum pascal, p.55). »

  1. Pierre et Jean découvrent le tombeau vide (Jn 20, 1-19). Dimanche de la Résurrection du Seigneur

Au premier jour de la semaine, après avoir couru et découvert le tombeau vide, Pierre et Jean ont « compris que selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ».

« En tout temps les critiques ont voulu voir dans la résurrection de Jésus une fabulation de disciples qui ne pouvaient pas accepter la mort et l’échec de leur maître. Le témoignage de Jean, si discret, sonne autrement plus vrai. Dès le premier moment, le signe du tombeau vide lui a donné accès à la foi et il a eu l’intelligence de la révélation biblique tout entière. Car la révélation était là si on savait la lire. » (Bible des peuples, Médiaspaul, 2004, p. 235)

Prière

« Aujourd’hui, Seigneur Dieu, par ton Fils unique, vainqueur de la mort, tu nous as ouvert les portes de l’éternité ; nous t’en prions : accorde-nous d’être renouvelés par ton Esprit pour que nous ressuscitions dans la lumière de la vie (Prions en Église, Triduum pascal 2026, Dimanche de la Résurrection, p. 113)

 

Victor Bilodeau © mars 2026