Eucharistie

Une école de vie

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LE DÉPASSEMENT DE SOI

LE DÉPASSEMENT DE SOI

Note au lecteur : En italique se trouve des questions fréquemment posées. Les réponses sont extraites en grande partie de citations d’auteurs reconnus. 

  • «La nature veille au grain. Jamais elle ne nous accordera le loisir malsain de nous installer dans l’insignifiance d’une existence sans dépassement. Elle sait, elle, que notre rassasiement ne se trouve qu’au-delà de nous-mêmes.» (1)

La thématique du dépassement de soi me rejoint particulièrement sur la route conduisant au bonheur. 

Quel lien est-il possible de faire avec l’Eucharistie?

D’abord, j’attire votre attention sur la raison d’être de l’Eucharistie, à savoir notre participation à la mort-résurrection du Christ. Il veut nous faire entrer dans le mouvement de sa Pâque, un mouvement de vie et de joie.

  • Iriez-vous jusqu’à dire que ce mouvement « mort-vie » ou « mort-résurrection » se réalise par le dépassement de soi-même?

Tout à fait.

Dans notre existence quotidienne, l’engrenage ou l’enchaînement « mort-vie » s’opère à chaque fois que l’amour nous décentre de nous-mêmes. Et, croyez-moi, ce n’est pas les occasions qui manquent.

Un premier pas consiste à être conscient des « morts » que nous avons à vivre, ne serait-ce que d’accomplir ses responsabilités avec calme et sérénité, et de prendre contact intérieurement avec la grande centrale d’où émanent la force et l’énergie que l’on appelle la prière. Au-delà des formules récitées machinalement, la prière est un état d’abandon qui englobe tout l’être. C’est ainsi que s’opère tout doucement en nous le mouvement « mort-résurrection », objet de la grâce eucharistique.

  • Je constate, en effet, ce mouvement « mort-résurrection »  par l’observation de certaines situations paradoxales comme celles-ci : c’est en conscientisant l’expérience de la perte que l’on a soif de retrouver; ou encore, on observe actuellement dans la société occidentale que plus le monde est profane, plus la soif de spiritualité est grande.

Ne crains pas d’accepter avec foi tes morts individuels. Elles te conduiront sur un chemin de Vie. N’hésite pas à t’en remettre au mystère eucharistique. Comme on le voit dans les écrits de Pierre Teilhard de Chardin, le mystère eucharistique est non seulement affirmé dans sa substance précise, mais manifesté dans une fécondité : « croissance du Corps mystique, Consécration du Cosmos. » (2)

Pierre Blanchette, le 18 août 2021 

  1. Yves Girard O.C.S.O, Promis à la gloire… toi, Éditions Anne-Sigier, Québec, 1998, page 170.
  2. Pierre Teillard de Chardin, Hymne de l’Univers, Éditions du Seuil, 1961, page 14.
LE DON DE DIEU

Le vide en moi me pousse vers l’infini. Loin d’être vécu comme une absence de Dieu, il crée un espace de disponibilité, de questionnement, d’ouverture et d’accueil. 

Risquer le risque

On n’ose difficilement risquer dans la délectation du confort. Le don de Dieu, pour s’enraciner, exige une terre vierge, libre de toute suffisance. Naît alors la confiance que tout peut arriver. 

Être présent au surgissement

Le don de Dieu n’a que faire de la prétention, de l’arrogance, de l’orgueil. Il aime provoquer la surprise dans un cœur d’enfant. Il émerge dans l’inattendue. Bien que capable d’opérer des coups de théâtre, il a un parti pris pour l’attention silencieuse. Il n’attend de nous que d’être présent à son surgissement. Notre qualité de présence, voilà à peu près tout ce qui incombe de notre part. Accepter d’être là, tout simplement.

Mais attention!

« Qualité de présence » n’égale pas « passivité », mais dynamisme et courage de s’engager dans le mouvement provoqué par l’irruption du don. Cette poussée vers l’avant rend crédible et nécessaire de nouvelles perspectives de vie. 

« L’estime de la liberté, le souci de l’égalité, l’idéale de la solidarité, l’ouverture à la communication sans frontières, la capacité technique et la protection de l’environnement sont des valeurs indéniables qui suscitent l’admiration, font honneur au monde actuel et portent des fruits de justice et de fraternité. » (Cf L’Eucharistie, don de Dieu pour la vie du monde, document théologique de base pour le congrès eucharistique international de 2008, Éditions Anne-Sigier, Québec, 2006, page 11.)

Pierre Blanchette, le 27 avril 2021

DE LA COMMUNICATION À LA TRANSMISSION

Disons ce qui est vrai. Il y a parfois des prises de parole pour lesquelles nous retenons très peu de chose. Communiquer n’est pas toujours transmettre.

Pour qu’une communication ne tourne pas à vide, il y a certaines conditions à respecter.

La mise en mouvement de la vie

La vie, elle est là, elle est en nous, elle nous entoure. Elle se développe lorsqu’elle circule. Le corps assure sa croissance par la transmission de l’énergie qui passe par l’activité physique, l’alimentation et l’environnement.

La transmission entraîne la mise en mouvement de la vie : l’artisan qui communique son savoir-faire, les parents qui éduquent leur enfant, le coach d’entreprise qui initie un nouvel employé, le conférencier qui anime son auditoire, etc.

Deux lois qui permettent d’apprendre

Comme la pièce d’une automobile que l’on appelle « transmission » fait mouvoir le véhicule en actionnant certains engrenages, il existe deux lois qui, une fois enclenchées, nous permettent d’apprendre. C’est ce que révèlent les neurosciences.

(Les citations suivantes sont tirées du texte de Céline Alvarez dans le livre Transmettre, Éditions Gallimard ltée, 2017, pages 56.)

  1. D’abord la motivation: « L’être humain ne peut pas apprendre lorsqu’il n’est pas motivé. » 

  1. Puis le lien social positif: « L’être humain ne peut pas apprendre ni se développer correctement dans un environnement où il ne se sent pas positivement relié à l’autre. (…) il n’est pas câblé pour cela. Lorsqu’il se sent jugé par exemple, cela provoque un stress qui lui est toxique, qui abime des structures cérébrales aussi fondamentales que celles de la mémoire (…) »

NOS PAROLES, NOS GESTES ET NOS MANIÈRES D’ÊTRE,  S’ILS ACTIONNENT CES DEUX LOIS, PERMETTENT À LA COMMUNICATION DE DEVENIR « TRANSMISSION ».

Question pour pousser la réflexion :

En quoi ces considérations sur la « transmission » ont un impact sur la prédication?

Pierre Blanchette, le 24 mars 2021

LE DÉSENCOMBREMENT

Faire de la place

Nous vivons comme si seule l’accumulation donnait tout. Mais il y a une chose qu’on ne dit jamais à propos de la beauté bienfaisante des choses, c’est qu’un objet prend toute sa valeur lorsqu’il se trouve dans un lieu dégagé, un endroit qui lui donne toute la place. Disons-le, le désencombrement touche directement les couches profondes de l’âme. Cette constatation est également riche d’exemples au plan des relations interpersonnelles. On n’a qu’à penser à l’enthousiasme provoqué par la visite d’un membre de sa famille ou d’un ami pour lequel on cesse, pour un moment, ses activités habituelles pour se rendre disponible.

Pierre Blanchette,
le 4 mars 2021

L’AMOUR DONNE SENS AUX EXIGENCES

Si l’on donne au mot « religion » le sens de lois ou d’exigences, le christianisme auquel j’adhère ne relève pas de cette catégorie. Religion, du latin religio, signifie VÉNÉRATION, c’est-à-dire un respect fait d’adoration. Pour mieux saisir la nuance de mes propos, je dirais que sans AMOUR, la religion n’est pas du tout la religion.

La logique de l’amour

L’accueil et le don, caractéristiques essentielles de l’amour, donnent sens aux exigences. Par exemple, un père ou une mère est prêt à tout pour son enfant. Le gouvernement, pour nous inciter à appliquer les exigences sanitaires pendant la pandémie, nous dit de maintes façons de le faire pour nos proches, pour les personnes qu’on aime.

La religion n’invite pas aux sacrifices débilitants. Non, elle laisse place simplement à l’ouverture à l’autre, certes avec toutes ses difficultés et ses exigences, mais surtout avec le BONHEUR d’être solidaire. La religion a pour fonction de relier, à commencer par les rapports de l’âme humaine avec le sacré.

L’écoute et l’attention

L’attitude de vénération s’appuie sur l’écoute et l’attention. Dans la vénération, c’est l’autre qui attire mon admiration. Par conséquent, je me donne les moyens pour l’atteindre et y correspondre. Voici un exemple bien terre à terre pour comprendre ce principe. Parce que la course à pieds m’attire, je m’impose avec plaisir une discipline, des règles et des outils pour y parvenir (repos, alimentation, environnement, espadrilles). C’est d’abord et avant tout une question de « désir ».

Se placer sur la bonne fréquence

Comme l’a défini Alexander Graham Bell en 1881, le terme radio est une « abréviation de radiophonie, construit sur radius, rayon, et phonie, son. » (Cf Dictionnaire Bordas, Citations de la langue française, de Jean Prévost, 2007, page 457)

Par analogie, la religion m’amène à me placer sur la même longueur d’onde, certes de Dieu, mais aussi de  ceux et celles qui m’entourent pour entendre leurs sons (c’est-à-dire la richesse de leur vie).

À l’Eucharistie, NOUS SOMMES EN ONDE.

Pierre Blanchette
le 10 février 2021

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