Témoignages

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Une icône m’a amenée à Dieu (Victor Bilodeau)

Témoignage

Mon expérience de vie spirituelle a commencé dans ma famille lors de mon enfance. Je me rappelle en particulier de l’accompagnement de ma mère qui nous invitait à faire une prière avant d’aller dormir et de l’enseignement qu’elle nous donnait sur différentes prières notamment les actes de foi, d’espérance, de charité… Nous récitions aussi le chapelet en famille. La messe dominicale et en semaine faisaient partie aussi de notre cheminement de foi. Notre éducation familiale visait la cohérence entre la prière et notre vie de tous les jours. Mes parents étaient soucieux que notre comportement soit en harmonie avec les valeurs chrétiennes. Ce principe a souvent été rappelé dans les parcours de formation que j’ai suivis.

Un nouvel approfondissement de ma foi et de ma vie spirituelle est survenu au tournant de la quarantaine, lorsque j’ai participé aux Exercices spirituels dans la vie courante (EVC) selon une méthode inspirée de l’enseignement de Saint-Ignace-de-Loyola. Ce parcours étant nouvellement offert en 1993 dans notre communauté chrétienne, j’ai décidé de m’y impliquer sur une période de deux ans dans une démarche personnelle et de groupe animée par une personne ressource qui avait elle-même vécu cette expérience et était très bien formée. Cette démarche m’a permis de faire un bilan de mon parcours de vie, de faire une lecture spirituelle des textes proposés de la Bible et surtout découvrir ma mission de vie chrétienne. 

À un moment particulier, j’ai vécu une sorte de moment de grâce, lorsque j’ai lu le guide de contemplation de l’icône d’Andreï Roublev (présenté sur ce site Internet), parce qu’il m’a permis d’être plus sensible à la présence de Dieu qui s’est révélé à nos ancêtres dans la foi (figurés par Abraham et Sarah) et qui n’a cessé, depuis, à se révéler aux croyants et croyantes que nous sommes. Cette icône est très riche de sens pour moi parce qu’elle représente un lien entre un épisode de l’Ancien Testament et la Trinité : trois personnes dotées de la même nature divine ayant des traits distinctifs par leur mission différente. Le point central de la représentation est l’Eucharistie offerte pour nous comme don de Dieu pour nourrir notre foi.

Ce moment de rencontre avec Dieu a été un nouvel élan dans ma vie spirituelle, qui m’a conduit à être davantage en recherche de Dieu dans des activités de groupe ou de service au sein de la communauté chrétienne. Selon moi, des moments décisifs de rencontre avec Dieu amènent le désir de le suivre et d’être à son service. 

Je suis à même de constater, par la perte du lieu de rassemblement que nous vivons présentement dans notre communauté chrétienne, et par plusieurs autres signes, la traversée d’un grand désert. C’est un véritable défi à la foi et à l’espérance… Nous devons chercher encore des chemins de vie communautaire et de ressourcement personnel pour  être en contact avec Dieu, Père, Fils et Esprit, trois personnes qui ne nous abandonnent pas. Chacun et chacune de nous est invité(e) se situer en face de ces personnes et leur demander l’éclairage pour découvrir la mission qui lui est confiée. 

Victor Bilodeau

12 septembre 2021

Une rencontre avec Jésus Eucharistie qui a changé ma vie (Pierre Blanchette)

DIS SEULEMENT UNE PAROLE ET JE SERAI GUÉRI (Luc 7, 7)

(C’est par le cœur que le Christ se communique à nous.)

Voici, en version abrégée, l’histoire du début de ma transformation intérieure par l’Eucharistie.

Je me souviens, à l’été 1975, du premier « Je t’aime » qu’une jeune femme m’a dit en toute sincérité. Nous avions tous les deux 17 ans. Elle avait prononcé ces mots en anglais « I love you », comme pour envelopper d’une certaine pudeur ce grand cadeau qu’elle me faisait.

J’expérimentais pour la première fois avec autant d’intensité le bonheur provoqué par ces paroles. Un amalgame de joie et de paix m’ouvrait au monde dans une forme d’épanouissement indescriptible. Mon être intérieur devint comme sorti de lui-même. J’étais en amour. Pendant quelques années, nous avons cheminé ensemble au fil des « je t’aime » mutuels. Aujourd’hui, 45 ans plus tard, je repense à cette expérience. Malgré le recul du temps, l’impact créé par ces mots est toujours aussi fort.

Environ à la même période de ma vie, plus précisément le jeudi 16 novembre 1978 (j’avais 20 ans), un concours de circonstances que je qualifie aujourd’hui de providentiel, me conduit à la chapelle des religieuses Dominicaines missionnaires adoratrices de Beauport, près de la ville de Québec. Bien qu’étant non pratiquant à cette époque, j’accepte l’invitation à assister à la célébration eucharistique. Un peu sceptique à cette démarche, mais le cœur disponible, je fis silencieusement à Dieu la prière suivante : « S’il y a quelque chose, fais-toi sentir à moi ».

Et voilà qu’après la communion, tout mon être passa d’un état à un autre. J’étais sous l’impact d’un coup de foudre dont l’intensité était semblable à celle de l’été 1975, bien que de nature différente. C’est comme si un commutateur de la lumière divine venait de s’allumer. J’expérimentais la présence du Christ en moi comme il ne m’était jamais arrivé.

Cette fois-ci, le « je t’aime » venait en ligne directe de Dieu. L’Eucharistie avait transformé ma vie.

J’entrais dans une nouvelle étape d’épanouissement. Vers 23 heures le même jour, de retour à ma chambre d’étudiant à Québec, je sentis le besoin d’exprimer ma joie à quelqu’un. J’ai tout de suite téléphoné à mon père pour lui dire que je l’aimais. Surpris par ces paroles que je lui adressais pour la première fois de ma vie, il se mit à pleurer.

Dans les mois et les années qui ont suivi, quelques religieuses de cette communauté, dont mère Julienne la fondatrice, sœur Françoise et sœur Gilberte, pour ne nommer que celles-ci, m’ont partagé leur bonheur de croire. Mon désir d’approfondissement de la foi était insatiable.

Les « Je t’aime » de Dieu renouvelés à chaque Eucharistie complétaient une renaissance intérieure amorcée  trois ans plus tôt sur le plan humain lorsque qu’un « I love you » me fut révélé.

Il est vrai que c’est au cœur de la vie de tous les jours que s’exerce l’authenticité de l’amour. Mais il arrive parfois, par certaines expériences marquantes,  que l’Esprit nous fasse un petit clin d’œil d’encouragement pour nous aider, justement, à vivre un quotidien éclairé. Il suffit d’être disponible.

DIS SEULEMENT UNE PAROLE ET JE SERAI GUÉRI !

Pierre Blanchette
25 novembre 2020

Rita Grégoire

Une puissance de rayonnement

Il y a des personnes dont le mode d’action procède de l’intérieur. Elles sont si remplies d’une PRÉSENCE AIMANTE que leur seul contact nous transforme. Leur témoignage rejoint en nous des processus vitaux qui font grandir intérieurement. C’est le cas de Mademoiselle Rita Grégoire née le 3 août 1925, et qui nous a quittés le 30 octobre 2020 à Montréal.

Avec une grande affection, je me permets de l’appeler par son prénom. C’est Jocelyne Giroux, une amie, qui m’a parlé d’elle peu de temps après son décès. Jocelyne l’a rencontrée pour la première fois au début des années 2000. Depuis, elle la visitait régulièrement, pratiquement une fois par semaine. 

Peu avant ses études comme infirmière dans la vingtaine, Rita, ayant une faiblesse au dos, a dû subir une greffe à la colonne vertébrale, qui, quelques années après ses études, s’est fracturée, la laissant incapable d’utiliser ses jambes et se tenir assise. Dès lors, elle fut contrainte d’être alitée.  70 ans dans cette condition se sont écoulés jusqu’à son décès à l’âge de 95 ans. Sa tendre mère si dévouée en a pris soin dans le domicile familial, jusqu’en novembre 1986. Par la suite, Rita a vécu à la Maison St-Joseph à Montréal. Sa joie rayonnante était remarquable.

Une vie quotidienne transfigurée par l’Eucharistie

L’amour dont Rita nous a donné témoignage, avait comme fondement sa relation avec le Christ vécue, notamment, dans l’Eucharistie. Par ce contact quotidien dans la foi, elle découvrait les ressources que recèle son âme. C’est ainsi qu’elle a pu s’épanouir, aimer et vivre en harmonie. Vivant de cette profondeur, sa personnalité attachante jaillissait spontanément. Par le rayonnement de ses richesses intérieures, les personnes qui l’ont fréquentée s’en trouvaient elles-mêmes transformées.

Qui fut cette femme extraordinaire?

Découvrons sa vie à travers trois textes : un extrait de l’homélie prononcée à ses funérailles par Patrice Bergeron, prêtre; puis le témoignage de Jocelyne; finalement, un extrait de son testament spirituel. 

Je demeure émerveillé devant la profonde intuition spirituelle de Rita qui lui a permis de traverser de grandes épreuves avec autant de sérénité.

Toute sa vie, Rita a refusé toute entrevue journalistique.  Elle aimait cependant être visitée en toute amitié. C’est donc dans cette position que je me situe.

Laissez-vous atteindre par l’Esprit Saint à travers ce témoignage.

Extrait de l’homélie de Patrice Bergeron, prêtre, à l’occasion des funérailles de Rita

« Aux yeux du monde, Rita était invalide… Sans doute que, physiquement, elle dépendait totalement des autres, mais est-ce que sa vie a été invalide ? Je ne le crois pas. Elle écoutait, accueillait, conseillait, on la visitait pour du réconfort, elle priait, intercédait, correspondait avec des tas de personnes, ici et ailleurs dans le monde. Invalide, sa vie ? Au contraire, je dirais plus que sa vie fut féconde et rayonnante de lumière.

D’où venait donc son bonheur, la paix de son cœur même dans les contraintes de sa condition, d’où venait sa charité pour toute personne ? Tout venait de la même source : Jésus !

Si je pars de l’Évangile qu’elle a elle-même choisi pour ses funérailles où on entendait :

Je suis le Pain de vie… Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

Oui, dans la maison où elle habitait, elle a eu la chance de vivre l’eucharistie au quotidien, de communier au Christ et de connaître ce dont Jésus parle ici : demeurer en Lui, et connaître la demeure de Jésus en elle. Ça, c’était sa source ! Une vie mystique, une communion combien profonde à l’amour de Dieu. »

Témoignage de Jocelyne Giroux, une grande amie de Rita

« Elle était « notre sainte amie héroïque d’offrande d’Amour silencieuse, d’aucune plainte ni critique dans les épreuves subies, et chantant et vivant,  » incarnant  » Le Magnificat! et le Te Deum!, ses prières préférées…

Il semble bien que notre chère Rita continue sa mission au Ciel, encore davantage….! Elle qui était si discrète et réservée… 

Elle était dans une action de grâce perpétuelle, et pourtant bien connectée à la réalité, et à tout le monde entier.  Une mystique oui,   et très centrée, terre-à-terre…  dans la contemplation et dans l’action par son écoute, son aide à tous et chacun, son offrande de son martyr pour la terre entière, son don d’elle-même à Son Bien-Aimé Père du Ciel, à la Trinité Sainte, à la Sainte Vierge.

Que d’âmes elle a écoutées et accompagnées…. Laissant l’Amour (Dieu) en elle,  «tout accomplir»… elle, répétant sans cesse: «Je ne suis rien, c’est Lui qui fait tout».  Elle tournait chacun vers Lui, et avait le don de ramener les personnes à elles-mêmes: c’est-à-dire à Dieu en elles!

Rita était grabataire, incapable d’utiliser ses jambes depuis près de 70 ans,  toujours allongée dans son lit,  qui fut son «autel» où elle s’est offerte toute entière au Seigneur, son Bien-Aimé.  Elle ne s’est jamais levée de son lit, même pas pour s’asseoir sur une chaise pendant toutes ces années, à l’exception de quelques jours entre les interventions chirurgicales subies dans la vingtaine.  Puis,  par la suite,  elle fut toujours clouée au lit, avec toutes les conséquences secondaires de cet alitement. 

Elle est passée près de mourir à 4 ou 5 reprises. Elle demeurait une énigme pour son médecin d’être toujours en vie… et si sereine, radieuse.   

Sa foi était son Roc.  Elle était d’une humilité totale. Jamais elle ne parlait d’elle-même, ou se plaignait de ses maux multiples. Elle était toute donnée aux autres, et en communion avec la terre entière.  Elle écoutait les nouvelles afin de «prier» pour les causes dans le monde entier.  Elle offrait tout au Père. 

Après 5 années de cécité totale ainsi qu’une perte auditive importante,  du 26 juillet 2003 au 5 septembre 2008, jour de l’anniversaire de sa mère, elle a recouvré la vue et l’ouie miraculeusement et subitement lors d’une exposition du Très Saint Sacrement,  dans la chapelle où elle était emmenée dans son lit. Cela s’est produit pendant la bénédiction avec le Saint-Sacrement.  Son médecin n’a jamais pu expliquer cela…. jamais ! Et Rita a conservé la vue jusqu’à son départ.  Elle a toujours rendu grâce de ce miracle ! 

C’est après avoir reçu son diplôme d’infirmière, qu’elle a reçu le diagnostic fatal, dans la vingtaine : elle devrait être alitée toute sa vie… Fervente croyante elle a aussitôt demandé à sa maman de décrocher le crucifix sur le mur, de le lui apporter dans son lit, et là, elle a dit à Jésus: «Seule, je ne passerai jamais à travers cela, j’ai besoin de toi, et à chaque jour.» Son lit fut installé devant la fenêtre du salon, par laquelle elle voyait l’église de l’autre côté de la rue. Elle en remerciait le Seigneur chaque jour. Durant toutes ses années de maladie chez elle, elle reçue la visite de nombreux prêtres des paroisses avoisinantes et même de plus loin pour lui offrir la communion et des célébrations de l’Eucharistie.  À partir de ce jour, «jamais»  elle n’a manqué «la présence du Christ» par la Sainte Communion, qui, mystérieusement, lui a toujours été apportée dans son lit, sans qu’elle ne le demande jamais, où que ce soit qu’elle demeure, chez ses parents ou dans son autre lieu de vie de ses 36 dernières années.   

Rita, dans sa chambre du 205c, sur son petit lit à roulettes, a été emmenée chaque matin à la chapelle qui était sur son étage, transportée par de généreux bénévoles et de  gentilles religieuses.

Le seul moment où elle n’a pu recevoir la Sainte Communion fut lors de cette pandémie que nous vivons, pendant la 1ère vague, de mars à mai 2020 environ,  en ces circonstances exceptionnelles.

Elle recevait des appels de partout dans le monde, et des visiteurs, qui venaient raconter un peu leur vie, leur misère. Elle écoutait, encourageait, offrait sa vie pour tous et chacun, priait pour toutes ces personnes qui se confiaient à elle! Elle pouvait les écouter jusqu’à l’épuisement…. j’en ai été témoin! 

Elle gardait toujours, toujours, son sourire. Elle a reçu la visite de très grands de ce monde, mais c’était toujours «dans le secret». Dans son humilité, elle ne voulait pas que ça se sache. J’ai pu le savoir par les proches, mais en toute confidentialité.  

Comme elle pouvait bouger le haut de son corps et ses bras, autour de son lit, tout y était, et avec une pince elle voyait à tout, car elle ne voulait «jamais» déranger le personnel,  quitte à se priver de ce dont elle aurait eu besoin.  Avec sa pince, elle pouvait attraper les rideaux de sa fenêtre pour les fermer et les ouvrir, activer sa T.V. pour les nouvelles (seulement). Elle n’écoutait rien d’autre que cela,  que les nouvelles afin de prier pour les causes dans le monde entier. Elle était au fait de la situation internationale.  Elle pouvait activer son radio près d’elle. Elle adorait la beauté et la joie de la musique. Sa bibliothèque était aussi près de son lit, où elle pouvait y prendre ses livres spirituels, son bréviaire qu’elle priait à chaque jour (sauf dans les derniers mois où elle était trop faible). Même, lorsqu’elle ne pouvait avoir l’usage de ses yeux, des amies et bénévoles venaient lui faire la lecture des textes qu’elle connaissait déjà par cœur.

Elle n’avait que des éloges pour le personnel, en tout temps. Rita avait un regard de Bonté sur chacun, sans jamais un soupçon de jugement. Plusieurs venaient même la visiter lors de leur pause ou après le travail pour discuter, se confier et être guidés et transformés spirituellement. De son humble petit lit, elle touchait beaucoup de gens.

Parfois, lors de mes visites, nous pouvions être en silence pendant quelques instants, des moments pleins, bénis, où je peux témoigner que je ressentais la Présence de Dieu. À d’autres moments, c’était les «fous-rires», car elle aimait rire. Elle était une lumière de joie,  tout était prétexte à sourire, à rire. Elle était d’une simplicité désarmante! 

Elle répétait: « Le bonheur c’est de ne pas se prendre au sérieux». Et si on lui demandait: «As-tu besoin de quelque chose Rita, puis-je te rapporter quelque chose la semaine prochaine? elle disait immanquablement: «Tu es trop bonne ma chère J, beaucoup trop généreuse envers moi, je n’ai besoin de rien, j’ai trop de tout, et elle rajoutait:   surtout j’ai beaucoup trop de moi-même….et elle s’éclatait de rire aux éclats!  Pas moyen de la gâter, à moins de la surprendre!  Sa famille veillait sur elle. En plus de sa famille proche, elle était entourée d’amies qui la visitaient régulièrement et qui en prenaient soin,  veillant à ce qu’elle ne manque de rien,  des amies extraordinaires.

Lorsque nous allions lui rendre visite, pour ma part, j’assistais à la messe avec elle dans la chapelle où elle était sur son lit à l’arrière.  Après la messe, «tous» les patients-résidents de la Maison, et les visiteurs, passaient près de son lit et elle tendait la main, et s’étirait le corps, jusqu’à se tordre pour serrer la main, elle qui avait le «dos brisé», et tentait de s’approcher de chacun.

Venait ensuite le moment du dîner. Puis je restais à ses côtés jusqu’à 14 heures environ, mais  parfois, elle ne lâchait pas ma main, et aimait bien que je prolonge, mais lorsque je lisais dans ses yeux la fatigue, je me retirais en grande douceur,  afin qu’elle se repose. Elle était tellement respectueuse, jamais insistante pour que nous restions, mais pleine de chaleur nous invitant à demeurer à ses côtés.  Elle n’était aucunement «possessive, ou dépendante».  Comme elle disait: «Je t’aime dans le Seigneur. » C’était de l’amour à l’état pur, sans attachement, de l’agapè,  tout était vécu toujours dans le Seigneur.  Nous partagions des moments d’intériorité et de prières intenses! »

Extrait du testament spirituel de Rita

« Pour moi, – qui dois tout à l’amour – je remets mon âme à Dieu ’’Amour, Père, Miséricorde’’ et à la terre, j’abandonne mon corps : ‘’ Ô homme, tu es poussière…’’

« Ma mort humaine clôt tout sur cette terre » Je suis à jamais vivante, en Lui, par Lui et pour Lui. Alléluia! Vive l’essentiel!

Une Hostie, pleinement consacrée et consumée rayonne par elle-même parce que c’est tout Lui qui agit, rejoint les uns et les autres et les comblent divinement. Telle est ma foi, conviction intime et certitude d’amour. En pensant à moi, qu’on Glorifie le Seigneur, toujours donnant, qui a tout fait en moi, sur terre comme au ciel. L’amour est à son comble. Dieu seul est, à jamais.

Dieu a vraiment été tout pour moi sur la terre et le demeure à jamais. Qu’il en soit ainsi pour chacun de vous. Les trésors de Dieu sont maintenant miens. Que par Lui, je comble tous ceux que j’aime et remercie : ma famille, amis, bienfaiteurs, prêtres du Seigneur, personnel de ma maison St-Joseph. Moi, la petite du 205c, j’ai vécu heureuse dans cette maison du Bon Dieu. »

Merci Rita !

Grâce à toi, je saisis mieux la Puissance de l’Amour.

Pierre Blanchette, le 22 janvier 2021

À noter : Je tiens à remercier madame Monique Legault, nièce de Rita, et Suzanne Grégoire, sœur de Rita qui ont autorisé la publication de ce texte sur le site « dondedieu.org ».

Le tout début de mon cheminement (P. Michel Boyer)

LE TOUT DÉBUT DE MON CHEMINEMENT

QU’AS-TU QUE TU N’AIES REÇU (1 Co 4,7)

Ces paroles de saint Paul me font réaliser le don que j’ai reçu par la méditation chrétienne. En 1979, j’arrive à 35 ans. Je traverse une période de questionnement. Après mes études pastorales, je suis fortement impliqué en quartier populaire à Montréal. J’y fais des découvertes décapantes sur la vie. Peu à peu, la dispersion, l’agitation, la fatigue me gagnent. Je sens le besoin d’une plus grande intériorité, de donner ainsi plus de solidité à mon engagement qui est fragilisé.

Ce don de la méditation chrétienne vient à moi grâce à un confrère franciscain anglophone qui est au courant de ma recherche. Il m’invite à visiter cette petite communauté de moines bénédictins, établie à Montréal depuis l’automne 1977. On y enseigne la méditation chrétienne, appelée aussi prière contemplative. Les moines du désert disent: quand le disciple est prêt, le maître apparaît. Le 10 septembre 1979, je me présente à la séance de méditation, à leur première résidence à Montréal, sur la rue de Vendôme. C’est le jeune Laurence Freeman qui m’accueille.

Dès mon arrivée, je suis sous le choc, étonné de voir ainsi 20 personnes assises en silence, soutenues par une musique douce. Oui, c’est un choc, mais en même temps le fort sentiment d’entrer chez moi. Oui, j’y découvre ma demeure intérieure, espérée depuis un bon moment. C’est le début d’un pèlerinage qui va durer maintenant depuis plus de 40 ans. De septembre ’79 à juin ’83, je vais fréquenter le monastère, au moins une fois semaine, même si John Main est décédé en décembre ’82. J’ai été frappé comment ce maitre spirituel avait le don de parler, habituellement avec une certaine brièveté, mais aussi avec autorité, parce qu’il parlait à partir de sa propre expérience, sans rechercher d’être admiré comme un gourou. Il nous renvoyait simplement à notre liberté.

À partir de l’été ’83, j’ai médité seul pendant 10 ans. Je ne suis pas un exemple à suivre! Et puis, à l’automne ’93, j’apprends qu’une retraite de fin de semaine en français, avec le père Laurence Freeman, s’organise. J’y participe avec une quarantaine de personnes. Peu de temps après, à l’invitation de Michèle Dubuc, la première coordonnatrice pour la méditation chrétienne, je vais m’impliquer dans la mise sur pied d’un conseil d’administration provisoire. Et d’autres implications vont suivre, jusqu’à accepter la coordination générale, de 2003 à 2015. Quand on met la main à la roue, on ne sait trop où cela va nous conduire… Ainsi, le don que j’ai reçu en 1979, j’ai été à même, au fil des années, de le partager à mon tour à la communauté de la méditation qui a grandi.

Avec ce regard rétrospectif, quoi dire ? Sinon un fort sentiment de gratitude pour tout ce que j’ai reçu des uns et des autres, mais aussi de cette prière de silence qui m’a transformé pour être ce que je suis devenu : une plus grande confiance, une simplicité grandissante, une vie de foi qui va à l’essentiel, un goût pour la Parole de Dieu. Avec modestie, je crois que la prière de silence m’a aidé à grandir en humanité, avec un cœur plus aimant et plus capable de compassion.

De l’avis de John Main, il est important de garder vivante en nous la conscience d’être constamment en chemin. Pour lui, cela a tout autant d’importance que d’arriver à destination. À mon expérience, rester en chemin demande du courage et de l’humilité, mais fait appel aussi de marcher avec d’autres chercheurs de Dieu. Le don de la communauté m’aide à éviter les faux sentiers, à y trouver un soutien inestimable, à garder le chemin par-delà les temps de lassitude qui nous guettent par moment.

Michel Boyer, franciscain

Trois-Rivières

2 juin 2021

D’autres témoignages suivront…

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