Vie spirituelle

Vie spirituelle en temps de pandémie

Mgr Marc Pelchat, évêque auxiliaire du diocèse de Québec¹ a publié à l’automne 2020, un très beau livre de réflexions sur les conséquences de la pandémie: Accueillir la vie d’après². Il révèle les conséquences de ces événements pour la vie de l’Église et aussi pour notre vie spirituelle. Cette pandémie, malgré toutes ses répercussions négatives, est aussi un appel à aller à la rencontre de soi-même, de Dieu et des autres. Un chapitre est particulièrement éclairant sur la croissance de la vie spirituelle. J’en cite un extrait³.

Finalement, le défi de la vie spirituelle n’est-il pas celui d’une unification entre les dimensions extérieures et intérieures de nos vies? Il est bon de relire à ce sujet quelques pages du jésuite Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), penseur chrétien mystique doublé d’un scientifique (paléontologie). Dans une conférence de 1943 donnée à Pékin à un auditoire désemparé par les drames de la guerre, il développe à son intention ses réflexions sur la voie de la réalisation de soi, qui n’est autre que le chemin vers le bonheur. « Pour être vraiment soi et vivant, disait-il l’Homme doit : 1) se centrer sur soi; 2) se décentrer sur l’autre; 3) se recentrer sur plus grand que soi (…) Non plus seulement se développer soi-même, donc – ni même seulement se donner à un autre égal à soi -, mais encore soumettre et ramener sa vie à un plus grand que soi. Autrement dit, être d’abord. Aimer ensuite. Et finalement, adorer4. »

Comme j’ai cherché à le montrer précédemment, la croissance spirituelle est un chemin qui va de l’extérieur vers l’intérieur pour sortir à nouveau vers les autres et vers un Autre. « L’esprit, laborieusement, construit à travers et au-delà de la matière » (Teilhard de Chardin). C’est pourquoi il nous faut sans repos circuler entre l’intérieur et l’extérieur de la maison que nous habitons. Notre univers, avec tout ce que nous vivons et éprouvons à l’extérieur, nous aide à déceler une « intériorité brûlante » que nous ne pouvons ignorer. L’expérience que nous vivons dans le cours de cette pandémie, avec la conscience de la fragilité des choses et des êtres, nous pousse à « déconfiner notre intériorité », à la libérer pour qu’elle anime notre extériorité, nos actions et nos gestes, petits et grands. 

Je vous invite à la lecture de ce petit livre très riche de sens dans le contexte que nous vivons. 

Victor Bilodeau

22 décembre 2020


1 Marc Pelchat est aussi un ancien professeur et doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval. 

2 Marc Pelchat, Accueillir la vie d’après, Réflexions pour un temps de pandémie, Médiaspaul, 2020, 105 p

3 Idem, p. 

4 P. Teilhard de Chardin, « Une voie pour le bonheur », Rien n’est profane. Textes choisis et présentés par Marie-Jeanne Coutagne, Éditions Points, 2013, p. 57

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