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Bien tard je t’ai aimé

Bien tard, je t’ai aimée,

ô beauté
si ancienne et si nouvelle

(Saint Augustin)

Image : wikipédia

Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si
nouvelle,
bien tard, je t’ai aimée !

Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors,
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !

Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses
qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

—————–

Ce que je sais, de toute la certitude de la conscience,
Seigneur, c’est que je t’aime. Tu as touché mon cœur de ta parole, et à
l’instant je t’aimai. Le ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent ne me
disent-ils pas aussi de toutes parts qu’il faut que je t’aime ? Et ils ne
cessent de le dire aux hommes.

Qu’aimé-je donc en t’aimant ? Ce n’est pas la beauté selon
la dimension, ni la gloire selon le temps, ni l’éclat de cette lumière amie à
nos yeux, ni les douces mélodies du chant, ni la suave odeur des fleurs et des
parfums, ni la manne, ni le miel, ni les délices de la volupté. Ce n’est pas là
ce que j’aime en aimant mon Dieu, et pourtant j’aime une lumière, une mélodie,
une odeur, un aliment, une volupté, en aimant mon Dieu ; cette lumière, cette
mélodie, cette odeur, cet aliment, cette volupté, suivant l’homme intérieur ;
lumière, harmonie, senteur, saveur, amour de l’âme, qui défient les limites de
l’étendue, et les mesures du temps, et le souffle des vents, et la dent de la
faim, et le dégoût de la jouissance, Voilà ce que j’aime en aimant mon Dieu.

Confessions

Augustin d’Hippone ou saint Augustin (354-430)

Source :

https://jecherchedieu.ch/priere/doute-et-recherche-de-dieu/bien-tard-je-t-ai-aimee-beaute-si-ancienne-et-nouvelle-saint-augustin/