Skip to main content

Le Jeudi saint et le prochain —
Pierre Blanchette

Il faut voir le lavement des pieds et l’institution de l’Eucharistie comme un tout qui donne du sens à la présence du Christ, une présence réelle de proximité qui nous introduit à la notion de « prochain ».

Pour mieux comprendre le sens évangélique associé au « prochain », référons-nous à la question posée par Jésus dans la parabole du bon samaritain : « Qui est le prochain? ».

Aux versets 36 et 37, Jésus demande au légiste : « Lequel des trois (entre le prêtre, le lévite et le Samaritain), à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme qui était tombé sur les bandits? » Le légiste répondit : « C’est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. Jésus lui dit : Va et, toi aussi, fais de même. »

Jésus amène ici une nuance importante.

Le prochain, contrairement à ce que l’on pense habituellement, ce n’est pas l’autre. Le prochain, c’est plutôt soi-même en situation d’aller vers l’autre.

Jésus nous interpelle à être le prochain de l’autre. Et je suis son prochain quand je vais vers lui, quand je l’écoute, le regarde et lui offre mon amitié, mon soutien.

Cette nuance impacte notre manière de vivre l’évangile.

Concevoir le prochain comme étant soi-même en situation d’aller vers l’autre nous sort de la passivité d’un mode de vie douillet, confortable, non confrontant.

Choisir de marcher, c’est choisir de s’exposer à la rencontre de l’autre, c’est devenir son prochain. La concession à faire, c’est d’accepter de quitter sa zone de confort.

Nos moments d’adoration du Saint-Sacrement deviennent une occasion particulière de nous laisser interpeller par Jésus, don de Dieu, qui nous invite en retour au don de notre propre vie.

La dynamique du don de Dieu vécue avec foi nous introduit dans le don de soi.

© Pierre BLANCHETTE, 2025